Management transgénérationnel : l'introspection avant tout.
“Les jeunes ne veulent plus travailler.”
“Les anciens sont rigides.”
“Les managers ne comprennent rien à la nouvelle génération.”
Ces phrases, on les entend partout. Et elles créent plus de clivages que de solutions.
La réalité est plus simple : le management transgénérationnel commence par une introspection.
Chaque génération a grandi dans un contexte socio-économique différent
◉ Baby-boomers (entre 1946 et 1964)
◉ Génération X (entre 1965 et 1979)
◉ Génération Y (Millennials entre 1980 et 1994)
◉ Génération Z (Digital natives entre 1995 et 2009)
Ils ont traversé des contextes socio-économiques différent qui influencent leur comportement : rapport à l’autorité, au travail, à la stabilité, au digital, au sens. Mais attention : comprendre les générations ne signifie pas enfermer les individus dans des cases.
Derrière les étiquettes, il y a surtout des attentes communes :
◉ être respecté,
◉ être reconnu,
◉ comprendre le sens de son travail,
◉ avoir un équilibre,
◉ évoluer dans un cadre clair.
Les besoins fondamentaux restent humains. Les formes d’expression, elles, évoluent.
Le vrai point de départ : le manager
On parle souvent des “jeunes générations”. On parle moins de la posture du manager et des dirigeants au dessus de lui.
Le management transgénérationnel demande d’abord une chose : savoir se regarder soi-même.
➤ Quel est mon style de management ? Suis-je directif ? Participatif ? Contrôlant ? Protecteur ?
Est-ce que je communique de la même manière avec tout le monde ?
Est-ce que j’écoute vraiment… ou est-ce que je suppose ?
S’adapter ne veut pas dire se renier. Cela signifie ajuster sa communication, ses feedbacks, ses rituels, ses outils.
Un manager performant aujourd’hui n’est pas celui qui impose.
C’est celui qui comprend les dynamiques humaines et sait créer un cadre clair et sécurisant.
Aparté : et si notre posture venait de plus loin ?
Un manager, un salarié, un dirigeant ... ne se construit pas uniquement avec un diplôme ou une fiche de poste.
Il se construit avec son histoire ! La manière dont on a été élevé. La place qu’on occupait dans sa famille. Le rapport à l’autorité qu’on a connu.
La façon dont on a appris à gérer les conflits, la réussite, l’erreur.
Un manager très contrôlant a parfois appris que “tout repose sur lui”.
Un manager évitant le conflit a peut-être grandi dans un environnement où s’opposer était risqué.
Un manager hyper protecteur peut avoir développé très tôt un rôle de “sauveur”.
Nos blessures, nos croyances, nos expériences façonnent notre manière de diriger.
Le management transgénérationnel commence donc par une question simple, mais exigeante :
➤ Qu’est-ce qui, dans ma posture, relève de la compétence… et qu’est-ce qui relève de mon histoire ?
Prendre conscience de cela ne fragilise pas l’autorité. Au contraire, cela la rend plus juste, plus stable, plus sécurisante.
Être à l’écoute… tout en posant un cadre L’écoute ne veut pas dire absence d’exigence.
Bien au contraire.
Un management transgénérationnel efficace repose sur deux piliers :
◉ Une écoute sincère,
◉ Un cadre structurant.
Les jeunes générations recherchent du sens et de l’autonomie. Les plus expérimentés valorisent la stabilité et la reconnaissance de leur expertise.
Le rôle du manager est d’articuler ces attentes sans créer de fracture : poser un cadre clair, objectifs définis, règles explicites, responsabilités identifiées.
Puis, quand la confiance est installée, laisser de l’espace : pour l’autonomie, pour l’initiative, pour l’évolution.
Favoriser la coopération plutôt que la comparaison
La richesse d’une équipe intergénérationnelle est immense : transmission d’expérience de la génération X, maîtrise du digital de la génération Z, vision stratégique, capacité d’adaptation, créativité de la génération Y.
Le conflit intergénérationnel n’est pas une fatalité. Il est souvent le symptôme d’un manque de dialogue ou d’un cadre flou.
Le manager a un rôle crucial sur la coopération dans son équipe. C'est lui le chef d'orchestre.
Vers une hygiène de vie au travail collective
Le travail ne devrait pas opposer les générations. Il devrait les relier.
Un management mal ajusté crée tensions, incompréhensions, épuisement.
Et si le management transgénérationnel était finalement une nouvelle manière de pratiquer une hygiène de vie au travail… à l’échelle collective ?
Écrit par Hélène Le Bert
Formatrice et consultante en hygiène de vie au travail